2/B) Les effets du chocolat sur le cerveau
Le chocolat et le cacao sont des produits énergétiques, à teneur importante en lipides et à teneur en glucides proche de 60 %. Grossièrement, 100 grammes de chocolat contiennent 96 % de substances énergétiques, 4 % de sels minéraux et vitamines.
Ces produits sont considérés comme des produits sucrés à utiliser en équivalence avec le sucre dans la ration : 10 grammes de sucre sont équivalents à 15 grammes de chocolat soit 4 carrés.
De plus, 100 grammes de chocolat apporte entre 520 et 560 calorie. Il contient plus de 500 composés chimiques parmi lesquels certains protègeraient de plusieurs maladies, d'autres agiraient comme une drogue.
Nous nous limiterons aux effets du chocolat sur le cerveau.
a/ Un excitant aussi chargé en caféine qu'un expresso
L'effet tonique du chocolat est du a la caféine (triméthylxanthine) et à la théobromine (diméthylxanthine) qu'il contient. Ces deux composants semblent agir sur le cerveau en bloquant les récepteurs de l'adénosine, une substance naturelle qui inhibe l'excitation. La caféine est aussi connue pour augmenter la sécrétion d'épinéphrine, une hormone de la même famille que l'adrénaline sécrétée par la substance médullaire de la glande surrénale (au-dessus de chaque rein). Celle-ci est un médiateur chimique des nerfs adrénergiques, responsables de tous les effets d'excitation nécessaires à la préparation d'un effort brutal. La caféine contribue ainsi à son effet stimulant.
- Les médiateurs chimiques sont
des substances libérées, sous
l'influence d'excitations, par les
terminaisons nerveuses. Les
médiateurs transmettent
l'excitation (l'information) au
niveau de la synapse d'un
neurone à l'autre dans le cerveau,
des nerfs aux muscles et aux
différents organes. Chaque
médiateur agit électivement sur un
récepteur spécifique pour produire
un effet biologique.
- Les récepteurs sensibles à
l'adrénaline sont dits
adrénergiques et sont
responsables de presque tous les
effets excitateurs.
- Les récepteurs sensibles à la dopamine sont dits dopaminergiques ; ils siègent notamment au niveau de l'encéphale et sont impliqués dans le mécanisme du plaisir.
b/ Un effet anti-stress
Le chocolat a une action bienfaisante grâce à sa richesse en sels minéraux : phosphore, potassium, mais surtout magnésium (une tablette de 100 grammes de chocolat noir couvre 30 % des besoins journaliers d'un adulte). Le magnésium est un cofacteur de nombreuses réactions biologiques, un réducteur qui se combine à l'oxygène pour diminuer l'excitabilité neuromusculaire et favoriser la relaxation ; il active aussi la synthèse des protéines au niveau du cerveau. Le magnésium est utilisé en traitement de fond de la spasmophilie.
Le chocolat contient des molécules plus puissantes que le magnésium :
- La phényléthylamine -PEA- qui stimule la sécrétion de dopamine. La dopamine est un acide aminé de la famille des catécholamines (adrénaline, noradrénaline, dopamine) ; sa synthèse se fait dans diverses régions du système nerveux central et périphérique. C'est un neurotransmetteur impliqué dans la sensation de plaisir appelé " circuit de la récompense " ou système hédonique. Un déficit en PEA peut contribuer à créer un état dépressif. Cette substance est présente dans le chocolat à raison de 0,4 à 0,6 micro grammes. On peut donc dire qu'elle agit au niveau du cerveau comme un antidépresseur.
- Le salsolinol, alcaloïde (composé organique azoté et basique tiré d'un végétal) qui peut se fixer sur le même récepteur dopaminergique que la cocaïne.
- Une dernière classe de molécules renfermées dans le chocolat contribue encore à la stimulation du système dopaminergique : les anornotamides. Ce sont des acides gras analogues à la THC (tetrahydrocannabinol), substance active du cannabis, qui se fixent sur les mêmes récepteurs que la THC. Cependant ils sont présents en très faible quantité dans le chocolat.
-